ENTRETIENT AVEC LES FAMILLES

EXTRAITS DES ENTRETIENS AVEC LES FAMILLES

VOIR L'INTÉGRALITÉ EN SON ET

EN IMAGES DANS LE DVD.

 

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Françoise Galtier, sa fille Marina Crespi et ses petites filles Emma et Lucie

recevaient Aurélie Haberey

Avec Aurélie ça a été vraiment une rencontre magique. J'ai très vite eu l'impression que c'était quelqu'un

qui faisait partie de la famille. (…)

Son domaine était la photo, elle voulait absolument que je fasse partie de

l’œuvre, ce qui n'était pas dans mes plans, tout au moins au départ. (…) Elle a fait plusieurs tentatives,

plusieurs essais. Il y a eu des blocages. On a recommencé, on a annulé. (…) Ce qui m'a très étonnée c'est qu'à partir d'une oeuvre, la prise du rideau-là,

qui pouvait ne pas représenter grand-chose, le nombre d'interprétations qu'on a pu avoir de tous les gens qui sont passés et c'est ça le but, puisque c'est effectivement d'évoquer quelque chose et que chacun construise autour ce qu'il a envie de voir, d'entendre…

Marina :

Ce que je garde, par-dessus tout,

c'est la rencontre avec Aurélie qui est, d'un point de vue humain, quelqu'un d'extraordinaire, très ouverte, très à l'écoute, incroyablement à l'écoute. (…) On a eu des moments très très riches et ce que je garde de ça, c'est une rencontre avec elle.

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Françoise Andrieu et

sa fille Marivyne

recevaient Gaëlle Hippolyte

Pendant 10 jours, ça a été intense. C'était notre deuxième expérience, mais un petit peu différente et j'ai eu l'impression de m'être investie davantage dans son travail à essayer de l'aider davantage. (…) En ayant partagé et vécu pendant 10 jours ensemble, on a vraiment suivi le déroulement. Elle avait son idée, elle voulait y arriver. On a essayé de l'accompagner. (…) Et Marivyne voulait recevoir un artiste.

Marivyne :

[La rencontre] Elle s'est passée normalement. C'était marrant de se voir

en grand. (…) Je suis allée prendre la robe, et après, on est descendues et on a pris des photos, devant la cabane, dans le champ. (…) Elle m'a expliqué et ça m'a plu. Au début, elle n'avait pas vraiment d'idées. (…) Elle est revenue avec un montage qu'elle avait fait. Elle nous l’a montré, ça nous a plu et ils ont commencé l'installation dans le champ. (…)

Françoise :

Et l'image d'ailleurs est toujours avec nous, dans la maison. Elle a quitté le champ de blé, qui a été moissonné une semaine après, pour venir s'installer dans la maison. (…) J'ai bien adhéré à son idée. Je trouve qu'elle a totalement respecté les règles de l’AFIAC où, en fait, l’œuvre doit être en rapport avec la famille. Là, elle avait choisi le thème de l'enfance, de l'adolescence, enfin la progression, le passage de l'enfant à la femme. (…) Avec le champ de blé, on a eu deux transformations : le champ de blé initial où elle a pris les photos, qui était le blé vert, le blé en herbe, et ensuite avec l'implantation, le jour de l’expo, ou quelques jours avant, l'implantation du panneau dans le champ, avec le blé qui avait mûri, qui était blond.

Marivyne :

C'est comme si ça faisait longtemps qu’on la connaissait, c'était bizarre, comme si elle faisait partie de notre famille.

Françoise :

Après d'ailleurs, il y a un vide… quand elle part… (….) Les trois jours étaient précédés de presque une semaine, avant, où on s'est côtoyées, où on a essayé de l’aider pour faire les esquisses au niveau du dessin derrière, implanter le rétroprojecteur… plein

d’épisodes comme ça.

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Florence Fauré et

Adrien Delmas

recevaient Aurélie Dubois

Adrien : On ne sait pas trop ce qui s'est passé au début… Je crois qu'on s'est fait un petit peu tous piéger par Aurélie et sa curiosité : au départ

on ne savait pas trop dans quoi on partait.

Flo : un film qui est magnifique, qui est, comme elle le dit, en trois tableaux : la beauté, la banalité et le mystère. (…) C'est un film qui nous a touchés, déjà nous.

Adrien : et puis ça soulève plein de sujets sur les idées reçues que peuvent avoir les gens, sur les a priori, ça remet en question plein de choses en fait. ( …) C'était drôle à la fois et bouleversant. Vraiment, aussi, de partager ça avec le public (…), on a eu plein d'émotion dans tous les styles,(…), des réactions très fortes chez certaines personnes quand elles ont vu le film.

Ce n'était pas anodin.

Adrien : [Le film] montre des choses mais pas vraiment, parce qu'il n'y a rien de vraiment…

Flo : Non, il donne à voir, il ne montre pas, il donne à voir.

Adrien : (…) le titre c'est « Vidéo

évocatrice de choses » (…) Tout joue là-dessus, ça évoque des choses, mais y a vraiment rien qui prouve que… Enfin, on peut se faire tout un tas d'idées en regardant cette vidéo, mais on ne peut pas les valider ces idées-là. (…) Le public est obligé de faire avec ces informations-là, après il est livré

à lui-même complètement. Ça renvoie les gens face à eux-mêmes.

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Sabine Bernaud

et Christophe Tellez

recevaient Thomas Israël

Christophe :

Tout dépend comment c'est fait. Là, c'était au service de l’art. Après,

chacun y met le regard qu'il a envie

d'y mettre. (…) Le nu fait partie de l’art, au travers de l’art, au travers de l'histoire, au travers de l'âge (…) Seulement les tableaux, aujourd'hui,

ce sont des tableaux vivants au lieu d'avoir des modèles qui posaient.

Au travers de leur médium, la vidéo,

les artistes font du nu mais du nu réel, au travers d'une caméra.

Sabine :

Quand j'ai vu Thomas, (…) je le voyais vraiment au travers de sa caméra.

Il n'avait vraiment que l’œil de l'artiste. Il s’en foutait, en fait, que le corps soit foutu comme ça ou comme ça et moi, déjà, ça m'a mise en confiance pour après. (…) Avant le montage, c'était sûr qu'on voyait ce qui allait sortir.

Et le grand respect que Thomas a eu, vis-à-vis de nous, c'est qu'il nous

a toujours demandé la permission pour faire telle ou telle chose.

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Daisy Alvergne

recevait Cyril Lepetit

Je n'aurais pas cru me retrouver autant au centre de tout ça. Je pensais être juste famille d'accueil. En fait,

j'ai participé. J'ai fait ma performance aussi : cuisiner pendant trois jours. Alors ça, ce n'est pas du tout mon truc. Qui s'y frotte s'y pique… C'est mignon, parce que, nous, on s’est super entendus comme de vieux potes de 20 ans d'âge. C'était quelque chose d'extraordinaire. On a beaucoup partagé en profondeur mais, les trois premiers jours où on s'est vus, il n'y avait pas

de grandes phrases, on avait du mal

à se voir, à trouver une heure entière pour parler de son travail. (…)

Il a saisi qui j'étais et il l'a exploité,

je pense, pas mal. (…) C'est peut-être parce que je laisse la porte ouverte. J'ai retrouvé quelqu'un dans le canapé en bas, un matin, et je ne l'avais pas entendu rentrer. (…) Par contre, après, quand il y avait les visiteurs, c'était déjà plus compliqué, plus intense et compliqué aussi à gérer. (…)

Les pétales de roses viennent dans

les orties : c'était une symbolique que ce qui pique n'est pas toujours

mauvais. (…) Tous les deux en blanc sans s'être concertés, c'était juste l’harmonie, l'harmonie qu'on avait eue entre nous pour la musique, pour les fous rires, pour tout. Ça c'est fabuleux. (…) Chacun repart après dans sa vie.

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Caroline et Raphaël Puig

recevaient Armand Jalut

Il a plus joué le jeu en nous montrant ce qu'il faisait, en voyant la façon dont on vivait, il a pris des tas de photos et, à partir de là, il a brodé. (…) Il s'est inspiré de pas mal de petits détails un peu anecdotiques de la maison. Après, c'était son oeuvre, c'était sa création. L'échange, il était plus dans la confiance mutuelle et réciproque qui s'est établie. Et puis, ce moment de partage de 24 heures 36 heures,

le déballage, l’emballage, les soirées qui se terminaient au petit matin. (…) On a pu faire des commentaires, oui :

« Tiens, celui-là, je l'aime plus que celui-là ! » (…) Il y a eu des titres de tableaux qui ont évolué. Par exemple, ce fameux grand cheval (…) dont on ne voit que la croupe (…), qui est au milieu d'une espèce de guimauve rose, (…) c'est vraiment la confrontation des genres et des matières. (…). Il l’avait appelé « Cheval », ce tableau. Et moi, je trouvais plus rigolo de l'appeler avec le nom de ce cheval qui s'appelle « Duc des ombres » qui fait vraiment rêver. (…)

Oui, c'est comme ça qu’il s'exprime et c'est comme ça qu’est son exubérance et son expression. Je ne dirais pas sa folie, mais on en a tous une part : je comprends très bien ce décalage, ça ne me gêne pas du tout, au contraire.

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Agnès Pintchman et

Nicolas Masure

recevaient Françoise Quardon

Deux univers très différents, comme ça, qui se rencontrent. J'ai vraiment bien apprécié son travail, cet esprit : elle a voulu s'intégrer, en fait, quand même, dans notre maison sans nous envahir. Ça c'était vraiment intéressant.

Son œuvre prenait toute sa place dans notre salon. D'ailleurs, on a mis du temps à la lui rendre. On l'a gardée longtemps. J'ai bien apprécié cette ambiguïté entre ce côté « je rentre dedans, je bouscule toutes les conventions » et puis, quand même, ce côté tellement féminin, ce côté « sens du détail » dans sa production.

Il reste le souvenir d'une bonne

expérience. On ne regrette pas.

Un peu éreintant, quand même. (…) Non, ça ne me dérange pas d'ouvrir, que les gens passent et entrent. Au contraire, c'est l'intérêt de l'association et de cette exposition, c'est ce mélange…

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Martine et Michel Devèze

recevaient Alexandre Ovize

 

Martine :

Pour lui, c'était plus une rencontre. Il a été embêté avec ce camping-car. Le sujet l'a embêté. (…) Après, ça s'est trouvé qu'on a campé, les trois jours, autour du camping-car : nous, on s'est fait prêter un camping-car et lui a dormi aussi dans un autre et tout le monde s’est régalé à camper dans ce parc de Chaminade. En définitive, il a fini par faire du camping-car. Mais pas avec celui qu'on lui a proposé.

Michel :

Ça ressemblait un peu à notre façon d'être avec un camping-car dans la nature : se cacher, s'enfouir, s'échapper.

Martine :

Je n'ai pas assisté à la mise en place. Quand je l'ai vu, dans ce grand espace, comme ça, enterré, il paraissait, d'un coup, tout petit. Ça donnait vraiment autre chose de l'objet. On aurait dit un jouet pour enfants qu'on aurait pu, comme ça, enlever et remettre. En plus, avec la branche qu’il avait mise dessus, l'objet était devenu fragile. Ça n'avait plus rien à voir avec le camping-car. (…)

On ne l'a pas vécu de façon catastrophique. On n'a pas imaginé qu'il y avait des gens à l'intérieur. C'était un objet. (…) L'objet est détourné. C'est un détournement plutôt.

Michel :

C'était tout à fait étonnant, d'ailleurs. J'étais tout à fait ravi du fait que, cet objet, il allait le mettre dans cette situation. Pour moi, il faisait corps avec la nature. Je n'ai pas ressenti quelque chose de choquant, de violent. (…)

J'ai ressenti, dans la personne

[l'artiste] et dans son expression,

quelque chose de naturel. Et pourtant, peut-être que ce n'était pas tout à fait naturel, tout ça.

Martine :

Il reste des souvenirs de personnes.

Il y a eu vraiment des relations de

sympathie qui se sont engagées. Ils nous ont écrit, on est resté en contact. Son amie est venue aussi partager

ce moment-là. Je pense que ça a été

un moment de rencontre entre des personnes.

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Nicole et Jean-Louis Cartigni

recevaient Jean-Luc Favéro

 

Il a vu le hangar, j’allais dire vide,

non, pas du tout, plein d’objets qui ne servaient pas. Et puis, il a vu des

cartons. Il a eu cette idée d'emballer tout ce qu'il y avait dans le hangar. Et c'est vrai qu'on ne prête pas attention aux objets qui sont là, qu'on a laissés de côté. Moi-même une fois qu’il a eu tout emballé, j’ai redécouvert ces objets. (…) De la manière dont il l’a présenté, j’ai trouvé que c'était très bien ; (…) Il mettait les gens dans la position d'un enfant qui découvre

un paquet-cadeau. (…) Jean-Luc [Favéro], il est entre deux, dans tous les domaines, entre l'enfance et l'âge adulte. Il est inclassable au niveau artistique. Il est en même temps très classique et il peut s'adapter à des situations comme celle-là. (…) Il est lui-même, il est libre. Et il a ce côté

à la fois adulte et à la fois enfantin.

(…) C'est pas du tout l'artiste éthéré.

 
 


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