|
Ou comment réinvestir la magie et les pouvoirs de l’art / Pascal Pique
S’il est un lieu au monde où l’alchimie de la transe et du rituel se devait d’être revisitée, c’est bien à Fiac. Déjà, avec Trans-rituels 1 en 2007, le premier volet de cette double exposition, quelque chose de magique s’est produit. Quelque chose de paradoxal aussi, puisque de l’ordre de l’évidence et du mystère. Pour mémoire, il s’agissait d’honorer et d’explorer plus profondément encore le potentiel de cette aventure fiacoise : celle de l’invitation de l’art contemporain dans un village rural. Formule ritualisée depuis des années par les habitants eux-mêmes. Des habitants qui ont fait le choix, en conviant les artistes à créer chez eux, « à la maison », de jouer ce rôle si particulier de « passeur » (ou de médiateur comme on dit aujourd’hui), entre l’art et le monde.
C’est-à-dire entre nos mondes intérieurs, domestiques, intimes, doublement incarnés par les familles dans leur cadre de vie, et par les artistes avec leurs oeuvres ; et le monde extérieur, représenté par le grand public.
|
|
Lire la suite...
|
|
poèmes d’urgence pour Fiac

Il s’agit moins d’une exposition que d’un parcours initiatique. J’ai donc mis sur ces bâtons la liste des gens de Fiac et j’ai établi des directions. Il faut donc évoluer à travers ces équilibres, ces tressages de directions que je n’ai pas calculées mais qui se sont imposées. Pour moi, la poésie et l’art sont des réalités symboliques, avec leur efficacité qui transforme les espaces et le monde. Ici il y a des poèmes qui tombent du ciel et des poèmes allongés par terre qui vont entrer en vibration. J’ai voulu créer une concentration de force pour les gens de Fiac.
Des gens que je ne connais pas, hormis quelques-uns, comme Maurice ou d’autres. Le peu que j’ai pu rencontrer est pareil qu’ailleurs. Mais le contact de l’art a réveillé une partie d’eux-mêmes.
Ce qui les rend transparents.
|
|
Lire la suite...
|
|
la maison est à louer

Quand je suis arrivée ici, je n’ai pas trouvé l’inspiration. J’ai donc décidé de faire disparaître cette maison sous une grande bâche avec un texte inscrit dessus : “La maison est à louer”. Titre tiré d’un recueil de poèmes de Yannis Ritsos, qui a donné la possibilité de trouver une cohérence. La maison a donc disparu pour devenir un conteneur de mystères, de rituels, qui se passent à l’intérieur. De choses qui arrivent de très très loin. L’euthanasie sacrée est un rituel qui se pratiquait en Sardaigne jusqu’au milieu du XXe siècle. Quand quelqu’un était mourant, pour abréger ses souffrances, on demandait l’intervention de « la femme qui tue ». Cette femme utilisait un joug de boeuf qu’elle positionnait sous le cou du malade avant de faire le geste fatidique. Ensuite elle replaçait l’objet sous le lit.
|
|
Lire la suite...
|
|
l’Europe du nord et ses cerveaux ...

Avec / par Dominique Caussé et Camille Renarhd. Et Christian Caussé, Osmin Caussé, Adrien Delmas, Florence Fauré, Amaed Sidhoum, Ahmed Azzouz, Florence Landau, Charlène Moura, Béatrice Davault. Et les passeurs. Texte de Julie Jaroszewski / mise en son par Camille Renarhd. Vidéo filmée par Pierre Bongiovanni.
D’abord, il y a l’Afrique, le Niger, une nuit au bord du fleuve, une presque mort. Ils m’ont laissée là au début du désert. Plus loin, il y a un très vieil homme qui chante. Et dans mes yeux, une danse que je reconnais, une danse des origines, pleine de sueur de ventre et de cris. Je ne sais pas encore d’où elle surgira dans mon corps.
|
|
Lire la suite...
|
|
machine à mourir et renaître

didgeridoo : kris didj
drum’n base : ed magnetico
Les éléments : un harnais de cuir et cordage deux arbres dj et sound system joueur de didj et didjune échelle.
On me vêt d’un harnachement de cuir mi-baudrier mi-licou de cheval. On me suspend entre deux arbres d’un côté j’entends le son d’un didgeridoo, de l’autre les rythmes drum’n base.
|
|
Lire la suite...
|
|
les maisons des esprits

Au début j’ai eu beaucoup de mal à m’adapter à la maison de Delphine et Cyril que je trouvais trop moderne, « cimentée ». Mais finalement l’élément le plus saillant était que Cyril ait construit cette maison de ses propres mains. À cela j’ai voulu répondre en opposant des maisons symboliques, fragiles et inhabitables : des maisons pour les Esprits.
J’ai dressé dans le salon une tour en papier de 4 mètres de haut construite à dessein sans aucune structure interne. Elle était accompagnée d’une bande son faite uniquement de respirations et de silences en écho à de petites ampoules au sol s’allumant et s’éteignant – la pièce avait été plongée dans le noir. Ces petites ampoules jaunes incarnaient pour moi l’idée d’abeilles, symboles d’élévation spirituelle, messagères entre deux mondes, et magiciennes alchimistes.
|
|
Lire la suite...
|
|
“trou” / “pied tendre”

La vidéo « trou » est une animation constituée de 1300 photos numériques réalisées en pose longue, de nuit, dans le cimetière et les alentours au-dessus de la maison. Je me suis fabriqué un costume phosphorescent. Il s’agissait d’une peau de lumière que je rechargeais régulièrement durant mes cessions de travail nocturne en me frottant aux phares de ma propre voiture. Pour chaque prise, j’ai un temps de 15 secondes de déplacement qui me permet, à l’image, de perdre la forme humaine et de la diluer dans une sorte de brouillard, d’aurore boréale, ou de nuage gazeux vert. Tous mes déplacements produits dans l’espace avec le costume de lumière pendant le temps d’exposition s’accumulent, s’agglutinent en un brouillard lumineux qui est à la fois une somme de gestes, une somme de temps mais aussi une image. Un peu comme un feu follet.
|
|
Lire la suite...
|
|
labo corps_mental “encreux_fiac’08”

Labo Corps_Mental est une installation-laboratoire interactive par la physiologie, permettant au visiteur, confortablement allongé, de boucler visuellement sur ses états intérieurs (physiologiques, émotionnels et donc mentaux).
Ce dispositif permet en effet d’établir en flux continu la relation de co-générativité entre un voyage mental particulier et son éprouvé émotionnel corrélé – identifié par une signature physiologique combinatoire propre. Le Labo est un prototype inspiré d’un projet plus ambitieux d’environnement immersif sous membrane Corps_Foetal / Corps_Mental basé sur l’exploration systémique de la construction / constitution du soi au sein de la relation co-maternelle soi-autrui. L’idée principale étant que nous naissons à nous-mêmes au fil des mondes – qualia, qualités de l’expérience subjective – co-créés / -expérimentés avec autrui.
|
|
Lire la suite...
|
|
la grande arche

Installation extérieure, ballons atmosphériques gonflés à l’hélium, 400 x 150 m + série diapositives “Arches archaïques” Quand je suis arrivé pour la première fois dans la maison de la famille Cartigny, qui est située un peu à l’extérieur du village de Fiac, ma première idée a été de connecter visuellement le site de mon intervention artistique à celui du village, centre de l’exposition. J’ai bien aimé le concept de Fiac depuis le début dans la mesure où il inverse le rapport habituel entre culture et urbanisme. La plupart du temps, la culture est représentée dans les grands centres urbains par les musées et les monuments, en laissant la campagne de côté. Je voulais parler de cette relation et c’est ainsi que l’idée a évolué vers la construction d’une énorme Grand Arche de Fiac. L’Arche étant à travers le monde, et plus particulièrement en France, un symbole de l’urbanité et des centres de ville. Mais cette Grand Arche de Fiac était supposée avoir 400 mètres de long et 150 mètres de haut.
|
|
Lire la suite...
|
|
statue et rituel de la nuit à Tara

Tara c’est le principe féminin du Bouddha. C’est plutôt une apparence de lumière que de matière ou de chair et d’os. On peut rencontrer Tara quand on est assez réalisé en méditation. On peut alors percevoir l’image d’un être réalisé. Si l’on a une émotion face à Tara, c’est lié à la qualité de Bouddha. Même si j’ai créé cette statue, je n’ai pas grand-chose à en dire car elle me dépasse.
B.C.
Cette statue de Tara, cette Tara extérieure est la manifestation de notre Tara intérieure. Cette Tara intérieure est comme une sagesse intrinsèque, une sagesse naturelle que nous avons tous en nous. Mais la plupart d’entre nous ne peuvent pas la voir.
|
|
Lire la suite...
|
|
luis miguel, chant et daniel delgado, guitare

Le chant flamenco (cante flamenco) est un art créé par le peuple gitan et andalou, sur la base d’un folklore populaire issu des diverses cultures qui s’épanouissent au long des siècles.
Quittant le Nord-Ouest du sous-continent indien vers le Xe siècle, les Tsiganes entreprennent une migration vers l’ouest qui les conduit à une dispersion planétaire. Tous n’ont pas suivi les mêmes routes.
C’est vers le milieu du XVe siècle qu’arrivent les Tsiganes dans la péninsule ibérique après un long périple à travers l’Iran, la Turquie et la Grèce entre autres.
|
|
Lire la suite...
|
|
rituel de passage de camille renarhd en collaboration avec mark moti zemelman

Fiac / 17 mai 2009 / sans titre / La première image me vient au Guatemala. Je suis allongée sur le sol et un arbre respire à travers mon ventre. Les racines-corps-terre. Il faut une attention particulière pour que la motte de terre, pleine de racines, ne se renverse pas. Je la respire en équilibre sur mon ventre. Deux mois plus tard, je suis à Fiac. Je repasse sur des terres connues. Et cette fois il s’agit de laisser la place, faire de l’espace, détruire même des traces pour que d’autres artistes habitent ces lieux, cette place, ce village. Un rituel de passage // « Je ne pensais pas rencontrer un cactus qui danse. » J’arrive tôt le matin sur la place du village. Je marche en faisant des cercles. Ce n’est que comme cela que j’arrive à écouter.
|
|
Lire la suite...
|
|
|
|
Page 1 de 2 |
|
|
Archives
Presse
Liens
|