|
Â
|
En dix ans, les habitants du village de FIAC se sont inventé une nouvelle coutume avec + si affinité et un nouveau totem avec l’art contemporain. Soit, un rendez-vous impromptu avec la création contemporaine chez l’habitant, où les artistes, les familles et le public pratiquent trois jours durant, à la période du solstice d’été, un cérémonial unique en son genre. Cette pratique consiste à réinventer à chaque fois une autre façon de créer, une autre manière de donner et de recevoir, tout en renouvelant le rituel de partage de l’exposition.
En dix ans, de multiples expériences ont pu êtres ainsi tentées. Elles ont aussi bien touché à l’espace physique et social qu’à l’intime, l’imaginaire, voire le magique. En particulier avec les deux dernières éditions intitulées Trans-rituels qui ont largement fait appel à des cultures et à des concepts non-occidentaux.
|
|
Lire la suite...
|
|
Â

On ne sort pas à Fiac, on rentre. On rentre chez les gens, on rentre à la maison, on rentre dans l’intérieur des foyers. À Fiac, on ne sort pas en ville, on rentre à la campagne, on ne sort pas au Musée, on rentre chez les inconnu(e)s, on ne va pas courir dehors, on va s’enfermer dans les salons. Alors à Fiac, on n’a pas envie d’exposer, mais d’exploser, on n’a pas envie de construire, mais de creuser, on n’a pas envie d’accrocher mais de décrocher. Alors à Fiac, l’art ne pouvait pas dégouliner sur les murs, ruisseler et resplendir ; il devait être englouti par les murs, être ravalé, caché, invaginé ; il devait être la vision négative d’un suintement, l’envers d’une infection, une déglutition. Quand on rentre chez Naomi, elle s’est fait absorber par les murailles qui l’abritent. Elle a rejoint les milliers de cadavres qui trépignent derrière nos cloisons, elle dialogue avec les ancêtres, les pervers, les fantômes, les amants, les tyrans, les zonards que l’on espère tenir à distance, à l’écart de nos vies.
|
|
Lire la suite...
|
|
Â

Emmurées
L’installation Emmurées consiste en une adjonction de chanvre sur le mur d’une grange édifiée à la fin du XIXème siècle. Le chanvre simule des chevelures féminines, qui semblent sortir de trous originellement aménagés et utilisés pour l’édification du mur. Les cinquante chevelures se déploient à intervalles plus ou moins réguliers et sont sujettes aux mouvements du vent. Elles évoquent autant l’enfermement que le désir de liberté.
Porcherie
La porcherie construite dans les années soixante-dix est composée de dix loges et d’une infirmerie desservies par un long couloir ; elle contenait une centaine d’animaux.
|
|
Lire la suite...
|
|
Â
Monique, unique et solitaire Ma rencontre avec Monique Pascal n’est pas une rencontre comme les autres. Monique m’a fait un cadeau singulier, elle a bien voulu jouer avec moi, elle m’a raconté une histoire, presque un secret, elle m’a prêté sa maison. Alors j’ai pensé à plein de choses, aux ballons qui dans les rêves peuvent emporter des enfants, à la mère évanouie de Mimile « qui a fait boum » dans le film de Truffaut, à une chanson de Françoise Hardy, au Ballon rouge de Lamorisse, j’ai pensé aux cabanes et aux salopettes en fibres synthétiques des années soixante-dix. J’ai imaginé la maison que Monique a quittée pour le chalet de Brazis, je la voyais comme celle de Marguerite Duras, lissée, frottée aux angles des portes, par le passage des corps, des enfants, des chiens. Puis je l’ai vue au chalet, Monique unique et solitaire intérieure écrire avec ses chats. Dans la retenue, avec générosité et intégrité, elle a accueilli un gosse de scotch et de papier, flottant au-dessus de son toit, la tête dans les nuages, en totem aérien et personnel.
Â
Virginie Barré
|
|
Lire la suite...
|
|
Â
Voilà de quoi s’éjecter dans le vif de l’oeuvre saignée à blanc. Le vide dans ses extrêmes, ni espace, ni mur, ni temps et des gens inconnus. Un bar où le sujet en devient son cocktail. C’est « Sans sucre » que finalement je m’en sers. Il y a tant de silence à oublier ici que l’évidence est de se taire et de regarder ! Des larmes, des sourires, des éclats de rire. L’architecture s’opère finalement autour de la parole, la seule ici, qui permet de trouver. De cette famille qui a coopéré comme un seul corps, est né un géant. Parfois inquiétant, parfois triste, parfois plein de charme ! Cette installation raconte sans mot dire, la poussière d’or qu’il a soulevée, laissant derrière elle les résidus qui ont permis de la filtrer. L’intimité d’une guitoune a finalement pris corps dans ce que ce couple avait défini comme leur chambre à coucher. L’ailleurs a surgi invitant la famille chez eux. Une course de désorientation a conduit l’oeuvre vers des pistes dont le départ est FIAC.
Â
Valérie Ruiz
|
|
Lire la suite...
|
|
Â

Ma famille d’accueil m’a présenté sa maison et leur histoire. J’ai choisi d’investir un lieu annexe à la maison, celui-ci ayant servi par le passé à héberger les animaux. Le lieu un peu en ruine m’a fait penser à des maisons rurales de l’Amérique latine destinées aux ex-votos et offrandes. On y trouve souvent des formes primitives cohabitant avec des formes religieuses.
En lien avec la fragilité du lieu, j’ai choisi de réaliser un accrochage minutieux en utilisant du fil et des épingles. Partant de la matérialité même de l’espace, des anfractuosités des murs et du plafond, j’ai réfléchi à une installation utilisant le motif du chapelet et de la fleur d’arum. Un crâne et d’autres motifs végétaux viendront compléter la pièce.
Dans mon travail, je m’intéresse à l’esthétique de l’objet sacré ou religieux, à sa capacité évocatrice du mystérieux et de l’étrange. Les matériaux que j’utilise participent à la symbolique.
|
|
Lire la suite...
|
|
Â
La chambre devait être transformée, seul le lit comme un socle devenait le support à une carte du tendre. Les crânes se déployaient comme des montagnes et des vallons, des cristaux, des larmes de quartz créaient des chemins à parcourir. Nécessaire pour retrouver l’autre. Tout était vidé du quotidien, et de l’amour physique, seule l’appartenance à l’autre liait le tout. Une femme énonce cette lettre qui appelle, qui rappelle. Elle tourne en rond, déambule, attend et chante une chanson accompagnée d’un ukulélé, une chanson d’amour, une chanson sur les éléments et leur force de transformation. Le temps en suspens, sur l’amour espéré, un temps en dehors de tout, où le corps animal ne peut s’arranger.
Myriam Mechita
|
|
Lire la suite...
|
|
Â
Mes biens chers frères, acceptez là ma rédemption, car oui, à Fiac, j’ai commis le péché hérésiarque ! Précipité du Saint Firmament, je suis arrivé par le ciel, dans ma longue robe blanche, investi d’une mission impie. Ce damné sacerdoce me fit déchoir, m’écartant du droit chemin, tel un apostat gangrenant les brebis égarées du troupeau de dieu. En cette fin de juin 2009, après avoir croisé dans la voûte céleste le king of the pop en pleine ascension, moi je suis tombé de là -haut comme une grosse merde avilie, m’agenouillant pour embrasser le tarmac en Midi-Pyrénées. En vérité je vous le dis, ce matin-là , foulant le sol de l’aéroport Toulouse-Blagnac, Jean-Paul II réincarné, oui celui-là même, c’était bien moi ! Je suis venu planter mon poteau de supplice en haut du mont de Font-Razou, et je me suis offert en sacrifice pour expier, non pas le mal, mais pour absoudre toute mon oeuvre salutaire de jadis. Tel un cancre purgeant son pensum, mon labeur fut de dresser ce totem lapidé par mes tabous les plus obscurs. Ceux-là mêmes que vous m’avez contraint de venir semer ici sur ces terres du Tarn. Pourquoi m’avoir infligé le devoir de transgresser l’interdit, l’intangible, l’irrévocable ?
|
|
Lire la suite...
|
|
Â
Aller à Fiac, c’est aller à la rencontre de tout un village, c’est confronter et contextualiser son oeuvre au réel. Auparavant, en mai, une prise de position en talons hauts, au Café, chez Maurice et Kathia, où nous avons proposé une performance. En chien-loup, nous nous faisons faire une dictée par une enseignante du village, Madame Marianne Saïd. Sur le texte de Monsieur Joël Pradelles, « Notre commune au fil du temps », les deux poignets droits scotchés, chacune de nous lutte pour sauver son écriture, au fil du rouleau de papier démesuré. Un duel qui met en abîme notre duo, entre bestialité et glamour. La suite de notre aventure… Dans notre pratique de la photo et de la performance, il y a un lien très fort avec le contexte et le lieu investi. À Fiac, nous avons été logées chez Nadège et Mathieu, dans leur maison attenante à l’ancienne épicerie du village. Nous avons « ré-ouvert » le lieu, le vidant de ses meubles, ne gardant que l’étagère du fond servant autrefois à disposer les produits. Repeinte en bleu, entre galerie et boutique, « l’épicerie » redevenait pour un temps un lieu de passage au village. Nous avons réalisé une série photo en rapport à la nourriture, où nos corps sont morcelés, recouverts de bonbons, de fruits et de légumes, « prêts à la vente ».
|
|
Lire la suite...
|

Voir la vidéo
latitude 44° proximité de Fiac terrain : 20 x 20 mètres 3 tentes : 12 x 5 mètres chacune 2 tentes : 5 x 5 mètres chacune 15 tables avec nappe : 1 x 5 mètres chacune repas : action de se nourrir plus ou moins conforme aux usages imposés par une société festin : repas somptueux, excellent horde : tribu ou peuplade errante, nomade / troupe ou groupe d’hommes indisciplinés exotisme : de caractère et d’inspiration artificielles des peuples lointains
|
|
Lire la suite...
|
|
Â
Etang donné... Je me souviens d’un été trop chaud à Fiac. Je me souviens de Pascal Pique me proposant de participer à ce projet. Je me souviens ne pas avoir osé refuser. Je me souviens des catalogues reçus. Je me souviens du projet d’Hippolyte Hentgen qui m’a réconforté dans mon choix d’y participer. Je me souviens de la crainte d’une trop grande proximité. Je me souviens du texte de Françoise Quardon dans un des catalogues. Je me souviens de Patrick Tarres et du choix de la date d’une première rencontre. Je me souviens d’un premier rendez-vous manqué avec mes hôtes et d’un dernier concert de Johnny Halliday. Je me souviens des premières sensations et d’une belle soirée trop arrosée au bord de l’eau. Je me souviens du beau rôti de porc au lait comme cadeau de bienvenue et des post-it sur les placards pour nous guider. Je me souviens d’une piscine bâchée devant un étang la nuit. Je me souviens du tout petit matin passé à ranger et à nettoyer notre longue soirée. Je me souviens d’une maison moderne comme dans un magazine au bord d’un étang vert. Je me souviens des sentiments mêlés. Je me souviens d’un golf vert tendre au bord de l’étang vert. Je me souviens d’un petit chalet blanc au bord d’un golf vert tendre. Je me souviens d’un jeune homme de St-Malo et de Shakespeare au cognac. Je me souviens du chant des grenouilles et des moustiques qui ne piquent pas. Je me souviens avoir passé bien plus de temps dans le petit chalet blanc au bord du golf que dans cette belle maison de magazine. Je me souviens que mes hôtes ne pouvaient pas me loger dans leur grande maison et que je dormais dans le petit chalet tendre au bord du golf vert.
|
|
Lire la suite...
|
 Passionnée d’Ambiant depuis plus de quinze ans, Opale fut invitée à jouer dans le désert marocain pour le festival Morocco 2001... Quelle performance magique ce fut !! Un baptême de feu qui l’engage depuis aux quatre coins du monde à partager son amour de l’Ambiant psychédélique et sa passion pour les sons downtempo de la scène transe... À Londres, pour Chaos Unlimited, en Suisse pour le Natur’alp festival organisé par les Psyberpunk, puis Ypipoty au Brésil... Oregona en France, Shiva Moon en Allemagne, le Boom festival au Portugal, pour Pirated Machine avec les Worlds People ou à Goa... Elle mixe aujourd’hui pour le label Ambiant Ultimae et sa panoramic family et pour Mandala records. Interpellée par tous les mystères de la vie, grands initiateurs qui transforment nos perceptions au gré de notre Connaissance, de notre sensibilité intuitive et de notre discernement... Le Tout, saupoudré de sons magiques, subtilement mariés à des nappes d’émotion et jouant en toute complicité avec des rythmes savants, des samples d’ailleurs, des voix du monde… des plus célestes aux plus tribales... Des plus sensibles aux plus mentales. |
|
Dix artistes Dix familles Dix ans… Dix ans… C’est inouï ! Alors, que pouvions nous faire de mieux, avant de déployer cette aventure vers les villages alentours, que de venir fêter cet anniversaire au sein même du lieu où ce projet a pris son envol, il y a dix ans, auprès de Patrick Tarres. Dixième anniversaire sous le signe de la fidélité. Fidélité à l’art contemporain, au sensible et à la rencontre. Fidélité de nos partenaires, de tous ceux qui nous ont aidés à monter cette exposition et de tous ceux qui nous ont soutenus, pendant ces années, pour faire de l’AFIAC une association vivante. Et fidélité des artistes, déjà venus en résidence aux précédentes éditions de + si affinité, qui nous ont honorés de leur présence à travers les vidéos qu’ils avaient spécialement réalisées pour cet évènement, et dont certains étaient venus se fondre parmi le nombreux public venu nous rejoindre. Et justement... Entre les pieds ancrés dans la terre et les yeux tournés vers le ciel : il y a un corps. Si le diptyque Trans-rituels s’était fait dans l’étoffe de ce qui le traverse, de ce qui le transforme et de ce qui le transfigure, Totems sans tabous a exploré ce qui noue ce corps aux autres, aux lieux et au monde et ce qui parfois l’en délie… pour en faire un corps social. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, La vie est un festin où s’ouvrent tous les coeurs où coulent tous les vins... Nous espérons vous y avoir réservé, durant ces dix ans, une place de choix. Et Qu’il vienne, qu’il vienne, Le temps dont on s’éprenne.
Yves FARCY, Président de l'AFIAC |
|
|
|
Page 1 de 2 |
|
|
Archives
Presse
Liens
|