
Commissariat :
Patrick Tarres, Directeur artistique de l'AFIAC
Pascal Pique, Directeur du FRAC Midi-Pyrénées
Jackie-Ruth Meyer, Directrice du centre d'art Le LAIT (Laboratoire Artistique International du Tarn).
Si vous entrez le mot anarchisation sur Google, et que vous égrenez les six premières pages, voici ce que vous pourrez lire :
Anarchisation des gouvernances et incapacitation des diplomaties ... / Cheveux longs, Anarchisation !/ Anarchisation en cours. Veuillez patienter ... / Anarchisation. To have soliquid foundashes. / Anarchisation il peut se passer beaucoup de choses en douze mois, John ... / Anarchisation of Egypt / Entre la jouissance déliée des pulsions et la jouissance réglée par le signifiant, il y a cette anarchisation de Thanatos, qui est bien un régime du ... /
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Si l'on en croit les articles déposés sur internet, les médias et autres analystes politiques, le monde est en proie à une 'anarchisation' globalisée. L'anarchie assimilée au désordre, au chaos, semble focaliser toutes les peurs prétendument inhérentes à un futur incertain, consécutif à la mutation de nos sociétés. Cette vision semble osciller entre fantasme et réalité, chacun pouvant s'en saisir pour servir des propos contradictoires émanant d'obédiences politiques opposées. Les valeurs morales, politiques, l'éthique économique et sociale, la démocratie, l'équilibre écologique de notre planète ... tout est sujet à des 'anarchisations' génératrices d'angoisses, imputables à des 'anarchisateurs' ne ressemblant en rien à des anarchistes.
Anarchie vient du grec « anarkhia » qui signifie « absence de chef ». Pour les anarchistes il s'agit d'établir un ordre social sans dirigeant, basé sur la coopération volontaire des hommes et des femmes libres et conscients, qui ont pour but de favoriser un double épanouissement, celui de la société et celui de l'individu qui y participe.
La mutation d'usage du mot anarchie n'est pas étrangère à une tentation dépréciative du sens initial vers la notion de désordre social. Elle n'est pas davantage fomentée pour nous donner le goût de résister à une domination unique et coercitive, ni pour nous inviter à revendiquer la multiplicité face à l'unicité.
A contrario, l'anarchiste toulousain Anselme Bellegarrigue revendiquait clairement dès 1850 dans son manifeste publié dans l'anarchie, journal de l'ordre, l'anarchie comme la base d'un ordre social.
« Ainsi l'anarchie, qui au point de vue relatif ou monarchique signifie guerre civile, n'est rien de moins, en thèse absolue ou démocratique, que l'expression vraie de l'ordre social.
En effet :
Qui dit anarchie, dit négation du gouvernement;
Qui dit négation du gouvernement, dit affirmation du peuple;
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Il n’a échappé à personne que l’actualité éditoriale de Christian Ruby est importante, dense et estimable. Pas moins de trois livres ces derniers mois. L’auteur est philosophe et sa pensée interroge sans cesse les formes et les enjeux du contemporain. Sa ligne pourrait être cette phrase de Schiller qu’il aime rappeler : « L’artiste est fils de son époque, mais pas son disciple ». Je ne cite évidemment pas cette phrase au hasard puisque Christian Ruby poursuit depuis longtemps un dialogue avec Schiller. Son livre Nouvelles lettres sur l’éducation esthétique de l’homme, publié en 2005 aux impeccables éditions de la Lettre volée en était un magnifique témoignage. Il revient en 2007 sur cette question en forme d’apostille avec Schiller ou l’esthétique culturelle (La Lettre volée).
C’est pour lui l’occasion de reposer à partir de sa lecture de Schiller les enjeux de l’esthétique face à la politique, et cette dialectique de l’esthétisation du monde et de la politisation de l’art. En envisageant l’art comme permettant « à l’homme à s’autodéterminer ou lui permet de trouver le pouvoir de se déterminer » (p. 41), Christian Ruby trace une ligne critique qui refuse la discipline du disciple et s’écarte des formes consensuelles. C’est à cela que nous invitent les deux autres livres de Christian Ruby, L’âge du public et du spectateur (La Lettre volée, 2007) et Devenir contemporain ? (Editions du Felin, 2007).
Sébastien Rongier
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Mon travail se trouve à la rencontre d’une préoccupation pour l’utilisation de la mémoire d’événements historiques et d’un questionnement sur les utopies sociales et leurs mises en place.
Ma démarche plastique consiste essentiellement à prélever des éléments du monde qui m’entoure. Je les fais dialoguer avec des dispositifs de monstration, et tente d’amener le spectateur à porter un regard autre sur son propre monde.
Une grande partie de ces dispositifs sont orientés vers une implication physique du regardeur : les images produites sont difficilement visibles ou lisibles au premier abord. J’ajoute aussi très souvent une composante temporelle à la révélation de mes images.
L’origine de ces prélèvements naît de rencontres avec des lieux, des œuvres, des livres... Je me pose en observateur à l’affût. Depuis peu, j’ai élargi cette idée de ponction à une mise en commun, confrontation de différents points de vue de collaborateurs de différents horizons dans des dispositifs évolutifs de diffusion de savoir.
A l’image de ma démarche, mes productions ne sont pas rattachées à un médium spécifique. Je choisis le mode d’expression le plus approprié à chaque projet.
Pablo Garcia
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Mehdi-Georges Lahlou, perché sur ses talons aiguilles rouge vernis marche sur des oeufs, et au passage brise des c..., et effiloche quelques voiles et tapis. Performer, plus ou moins peintre, "installateur", vidéaste à coup sûr, il parvient à construire une démarche cohérente, chaloupant entre ces dangereux récifs que sont les poncifs sur le genre (sexuel), et la difficulté à élaborer un discours distancié sur l'islam comme identité. Comment perturber à nouveau le genre quand il semble que Judith Butler a tout dit, comment interroger le religieux quand le simple fait de représenter, et donc de recomposer et d'interpréter peut poser problème ? Comment toucher juste ? Irriter sans facilité ? Le travail de Mehdi-Georges est comme ses talons haut : visible et même voyant, accrochant le regard, il a aussi du style, un certain chic dans le ridicule, et tient la route.
Cette tenue dans l'idiotie et l'efficacité de son travail tient au fait que Mehdi-Georges Lahlou croise ces deux problématiques, celle du genre et celle de l'identité culturelle et religieuse. Or ces deux questions sont elles-mêmes des lieux de tension, tension d'une part entre le sexe biologique inné et le genre acquis, construit individuellement et socialement, et tension d'autre part entre le culturel et le religieux. On arrive ainsi à une sorte de tableau à quatre entrées, qui permet de multiples combinaisons des pôles de masculinité et de féminité à l'islam comme religion et comme aire socio-culturelle. Les oeuvres de Lahlou semblent explorer avec constance, méthode et un certain sens comique, les points où ces tensions se heurtent, surtout par les biais de la performance, de la vidéo et de la photographie.
Emilie Bouvard.
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- Thierry Boutonnier est un artiste actif et réactif déployant un panel de comportements individuels en réaction au système capitaliste : la désignation, l’analyse, l’illustration, le jeu, le combat, le mimétisme, la démission, la dérision.- un professionnel, envisageant l’acte artistique avec les mêmes exigences d’information, de savoir-faire, d’identification d’objectifs, de recherche opérationnelle, d’impératifs décisionnels et de concentration de moyens que n’importe quelle activité de project management.
- un non-spécialiste, qui, au sein d’une économie concurrentielle en constante mutation, se doit d’être polyvalent et pluridisciplinaire, utilisant tous les moyens à sa disposition : performances, vidéo, sculptures, photographies, dessins, publications, etc.
- un homme de foi, qui représente, surjoue, exagère, doute, échoue... tout en continuant d’y croire.
Guillaume Désanges
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"Laurent Pernel est un artiste qui se qualifie souvent de citoyen. L’art comme perspective politique n’est pour lui ni une gageure, ni un lieu commun, simplement une façon d’élaborer des lieux susceptibles de renverser les pouvoirs qui occultent la vision. À chaque élection, depuis 2003, il envoie à la classe politique un savon tricolore, Dissolution. À l’usage, le savon perd ses extrémités colorées laissant un centre blanc : l’emblème patriotique du drapeau qui se dissout signifie moins l’échec du politique que la manière dont le politique fait disparaître ce qui est à la marge, sur les bords. Le jeu du regard dans le temps qu’impose le lavage découvre les capacités à faire illusion dans l’espace public et à se tenir au lieu du pouvoir. Montrer est un pouvoir qui peut aller jusqu’à masquer les rapports véritables des individus selon la leçon marxiste. Le travail de Laurent Pernel est donc moins performatif qu’inter-actif, moins in situ que politique. Il est moins fait pour revendiquer que pour impliquer la vision comme action, et comme une action non dépourvue d’illusion."(...) Corinne Rondeau.
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Mathieu Beauséjour use de la notion de résistance comme pratique récurrente dans son travail. Il se réfère au champ sémiotique de l’insurrection, des détournements et autres tactiques situationnistes dans le but de subvertir les outils et les concepts du pouvoir, de l’aliénation et de l’oppression. Il s’inspire des Avant-Gardes artistiques et politiques et fait appel à des repères culturels tels que la monnaie, les drapeaux, les hymnes ou les slogans dans un esprit empreint d’ironie autant que de nostalgie, afin d’investir le contexte contemporain. La production artistique de Mathieu Beauséjour est contextuelle et fondée sur la remise en question systématique des espaces, sites ou objets qu’elle infiltre. Autodidacte, Mathieu Beauséjour présente ses installations, ses photographies et les textes tirés de ses travaux et interventions depuis le milieu des années 90. Son travail a été exposé au Canada, en Colombie, France, Grande- Bretagne, Allemagne et Serbie. Il a reçu une distinction du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts et des Lettres du Québec. Il a effectué des résidences à Paris en 2000 (Centre culturel canadien / Quartier Ephémère) et à Londres en 2004 (Conseil des Arts du Canada / SpaceStudios) et plus récemment il a obtenu le prix GIVERNY CAPITAL 2009. Son travail a fait l’objet d’essais dans de nombreuses publications et magazines d’art.
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Jouant sur la disparition et la destruction des idées et des objets, Estefania Peñafiel Loaiza implique physiquement le spectateur dans ses oeuvres. Son travail s’élabore autour de la question de la tangibilité de l’image et du moment fugace de son apparition (ou de sa disparition). Ce qui intéresse l’artiste, ce n’est pas tant l’image en elle-même que ce qu’elle évoque : l’image qui l’a précédée, celle qui la suivra, celle qui s’en rapproche, etc. Dans le même temps, l’ensemble de ces évocations fait souvent référence à une situation sociale ou historique donnée.
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Artiologue - né en 1969 à Mortagne au Perche, France. Vit et travaille à Paris et en Normandie. Professeur d’Artiologie légale, membre de l’Académie d’Artiologie, Doyen de la faculté d’Artiologie, spécialiste des AGM (Art Génétiquement Modifié), fondateur de la Pansementique reconnue d’utilité publique. Artiste Mix-média : vidéos, photos, sons, installations, performances. Depuis 1989, effectue des opérations dans différents pays : Allemagne, Angleterre, Belgique, Cuba, Egypte, Espagne, France, Irlande, Irlande du Nord, Italie, Pays de Galles, Québec, Russie, Suisse, Turquie… Son travail de performance est basé sur un mimétisme décalé de l’univers médical. Consultations dans son Cabinet de médecine, à domicile, ainsi qu’à bord de l’Artiomobile, ambulance normalisée. Médecine du monde… et de l’art, l’Artiologie c’est l’art d’agir par soustraction sur la somme additionnelle.
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