Depuis 2003, Anne-James Chaton a effectué la première partie de plusieurs tournées françaises du groupe de free rock hollandais The Ex avec lequel il a ensuite enregistré sur leur album Turn et publié un livre-CD aux éditions Al Dante. Cette longue collaboration avec The Ex lui a donné l’occasion de se produire sur de nombreuses scènes de musiques actuelles et de croiser le chemin d’autres groupes avec lesquels il a joué ou développé des projets. Ainsi, a-t-’il écrit des textes pour le groupe de rock français Innocent X et enregistré sur leur dernier album “Fugues” (Bleu éléctrique, Amiens, Mars 2005).
Vernisssage le 8 janvier 2010 à l'espace Apollo à 18h30.
Cette exposition s'inscrit dans le cadre d'une résidence d'artiste au Collège Marcel Pagnol de Mazamet. EVOR, jeune artiste nantais, lauréat du prix des arts plastiques de la ville de Nantes en 2009, montrera son travail actuel à l'espace Apollo du 6 au 22 Janvier 2010. D'autre part les oeuvres réalisées dans le contexte de la résidence au collège seront visibles sur place entre le 25 et le 29 mai 2010 (date à préciser).
"J'envisage Orée comme un déploiement d'icônes païennes, de -curiosités- sculpturales, de formes et d'objets libérés de toute obligation fonctionnelle. Leur seule cohérence s'attachant aux glissements de la pensée vers le désir, le trouble ou l'inquiétude. Orée est fantaisie et suggestions où s'hybrident artefacts et offrandes, rigueur fantasque, nonchalance domptée, fragilité à la lisière de dangers latents."
Dans mes performances, qui s'intitulent micro-évemements, déclare Tsuneko Taniuchi, j'allie le réel, manifesté par ma présence physique et la fiction qui se déroule à partir d'un scénario, d'une mise en scène" .
> Performance de Chloé Mons, invitée par Myriam Mechita dans le cadre de son installation réalisée chez Dorine et Christophe Larroque. ! SAMEDI 27 JUIN !
En dix ans, le village et les habitants de FIAC se sont inventé un nouveau totem avec + si affinité. Un rendez-vous impromptu avec la création contemporaine, chez l’habitant, où les artistes, les familles et le public pratiquent trois jours durant, à la période du solstice d’été, un cérémonial unique en son genre. Cette pratique consiste à réinventer à chaque fois une autre façon de créer, de donner et de recevoir tout en renouvelant le rituel de l’art contemporain. En dix ans, de multiples expériences ont pu être ainsi tentés. Elles ont aussi bien touché à l’espace physique et social qu’à l’intime, l’imaginaire, voire le magique. En particulier avec les deux dernières éditions intitulées /Trans-rituels/ qui ont largement fait appel à des cultures et à des concepts non-occidentaux. Pour cette dixième édition, le désir est de tirer une sorte de quintessence de ces approches tout en projetant leur potentiel dans l’avenir. En considérant l’art comme un possible inexploité à même de nourrir la construction du futur. À travers ce titre, le mot « totem » fait référence à la nécessité très actuelle de rétablir des continuités entre l’humain et son environnement, qu’il soit naturel, social, ou spirituel. Tel qu’il a été envisagé par l’ethnopsychanalyse, le totémisme a longtemps été marqué par une vision occidentalo-centriste stigmatisant la rupture entre l’homme moderne et les populations dites « sauvages » ou « primitives ». Ce qui a aussi permis, de Freud à Lévi-Strauss, de jeter les bases d’une nouvelle approche des organisations humaines en reconsidérant les passerelles entre espace physique et espace psychique. Reconsidérer le totémisme aujourd’hui consiste autant à revoir nos processus d’identification avec notre entourage naturel ou social qu’avec nos modes de production de biens matériels et spirituels. Ceci représente sans doute encore l’un des grands tabous auquel la civilisation occidentale se doit de faire face. Le phénomène du tabou, souvent associé à celui du totémisme, renvoie à l’interdit, au silence, et bien souvent à l’évitement. Les processus de « détabouisation» peuvent êtres considérés comme des facteurs d’émancipation, des passages obligés pour effectuer des sauts ou passer des caps. À l’inverse, les tabous peuvent être vus comme des garants de stabilité, d’harmonie et de cohésion interne, au niveau individuel, familial ou social. Que faire en effet de nos tabous, qu’ils soient personnels, intimes, ou bien collectifs et mondialisés ? Que faire aussi de ces totems modernes, actuellement en crise, comme l’argent roi et le profit individuel, les déferlantes d’images standardisées, ou la surmédiatisation ? Telles sont les questions paradoxales que souhaite instruire cette dixième édition de Fiac en misant sur les énergies croisées des artistes, des familles et du public, en vue de projeter une autre socio cosmogonie. Et sans oublier que le totémisme peut aussi être un système d’aide et de protection mutuelle, une méthode permettant aux membres d’une même collectivité de reconstruire ensemble une autre vision du monde.
! Virginie Barré préside aux destinées d’un univers de marionnettes ou de poupées effrayantes dont on ne sait s’il tient du magasin aux accessoires d’un film d’horreur ou du cauchemar d’enfance. Les deux semblent en effet mêler ici leurs influences, entre bande dessinée et death metal. Ce travail nous invite à pénétrer au sein de moments arrêtés dans tel film ou tel rêve d’angoisse. Et, comme dans tout scénario ménageant l’émergence de l’angoisse, le fou rire menace tout autant que la peur panique.
! En me référant à l’art traditionnel et populaire latino-américain, à ses mythes, ses pratiques et à l’objet cultuel comme figure “intermédiaire”, je tente de construire un nouvel espace esthétique où ces deux notions, objet et sculpture, dialoguent sans cesse, l’un étant le support de l’autre. Je cherche à faire émerger cette impression ambiguë de familiarité et d’étrangeté propre à l’objet rituel ou religieux en soulignant la parenté entre l’objet cultuel ritualiste et l’objet d’art.
Myriam Mechita Micro onde à Velizy-Villacoublay. Courtesy galerie Nosbaum et Reding à Luxembourg.
! (...) Myriam Mechita se considère comme un sculpteur qui crée des installations et des formes énigmatiques. Les animaux qui constituent son bestiaire – chien, cerf, chevreuil, antilope, lièvre – sont dénués de détails et perdent leurs orifices aussitôt qu’ils sont en volume. Ils n’ont pas d’oreilles, d’yeux et de bouches et restent volontairement dans une forme primaire, tandis que les seuls humains représentés par l’artiste sont des décapités. Elle se sert aussi abondamment de paillettes, de fragments de miroir et de l’aluminium comme des leurres, pour créer des basculements de perspectives, donner l’illusion que les objets apparaissent et disparaissent, ou encore pour que le regardeur soit dans l’impossibilité de situer exactement l’oeuvre dans l’espace. De nombreux artistes revendiquent la polysémie de leurs travaux, entendue comme un mode d’interprétation par couches successives. Myriam Mechita, elle, préfère la polyphonie et donc le mélange des sens pour que la signification se dérobe.
≥ Alain Berland
Myriam Mechita travaille quelquefois en collaboration avec d'autres artistes. A Fiac, elle invite Chloé Mons à réaliser une performance dans le cadre de son installation chez Dorine, Christophe et Lunà Laroque, le soir du vernissage.
Photo tirée du film “Quelque part sans language ni rue” de Myriam Mechita en collaboration avec Chloé Mons.
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Chloé Mons est une artiste qui aime par-dessus tout faire des expériences. -Musicales puisqu'elle chante, et chacun de ses disques est une plongée en apnée dans un univers sans compromis, où la tension n’en finit pas d'aiguiser les rêves. -Visuelles, puisque tout en poursuivant un parcours au cinéma, elle collabore régulièrement avec des artistes contemporains. C’est sans limites qu’elle s’investit dans des créations communes où le son vient embrasser l’image pour devenir une oeuvre singulière.
« St Matthieu 5:29 », 2009. Shooting by Thierry Arensma & Cédric Tanguy. Paints by Carl Hasenpflug & Arnold Bocklin.
! De surcroît, il faut voir son œuvre interpicturale, à la fois baroque et parodique, comme un palimpseste sous synchrotron, un peu comme si en déchirant une tapisserie de chambre d’ados on découvrait dessous des peintures rupestres. Jonglant entre photographies et vidéos, performances et installations, Cédric Tanguy n’a de cesse de dynamiter l’identité, d’équarrir son époque en l’envoyant parfois se faire voir dans la machine à “démonter” le temps. Car son pêché mignon il l’avoue : “confronter l’œuvre d’art historique, sa durée classique avec le temps informatique compressé”. Les grands maîtres d’hier peuvent être “samplés” par un “Pics Jockey”. Et en un clic sur la touche “copier-créer” le bug artistique peut commencer. Les pistes se brouillent, mais jamais par hasard. Pourquoi celui qui a baigné dans la culture du supermarché s’en priverait-il ? S’accaparant les icônes comme le fit jadis Warhol, Tanguy lui, les détrône en les égarant dans une forêt pétrifiée de pixels. Bienvenus dans le labyrinthique lupanar du virtuel où lyrique et pathétique font bon ménage !
! Toutes mes créations depuis une dizaine d’années instaurent dans le coeur de la réflexion ce lien à l’univers de l’habitant de la cité. Toutes ces cités que j’ai foulées, traversant un parcours où toutes les générations étaient présentes. De “Cité merveilleuse” en passant par “Les 80 ans de ma mère”, “Être à la source”, “Être de papiers” et “Invisibility city” pour la plus récente ont toujours eu cette forme de dialogue permanent permettant à la magie du lieu de s’instruire et d’y installer l’écho de ses matières. L’oeuvre alors pourra s’instaurer et utiliser quotidiennement sa source dans cette situation précise.
! Le travail vers l’abandon, l’accentuation, l’activité, l’acuité, l’affranchissement, l’aggravation, l’amplitude, l’augmentation, l’autonomie, la brillance, la coruscation, le débraillé, le dérèglement, la disponibilité, l’efficacité, l’élargissement, l’exemption, la faculté, la familiarité, la force, la franchise, la grandeur, la hardiesse, l’immunité, l’impertinence, l’impudence, l’incongruité, l’indépendance, l’indéterminisme, l’indifférence, l’intimité, l’irrévérence, le laisser-aller, la libération, la licence, le loisir, la marge, le paroxysme, la permission, la polissonnerie, la possibilité, le pouvoir, la privauté, la profondeur, la puissance, la relaxation, le renforcement, la rondeur, la témérité, la véhémence, la violence, la virulence, la vitesse, la vivacité, les volcans.
! De la conception psychologique du portrait, à l’univers des fumetti* italiens, en passant par l’esthétique du studio dont la surcharge décorative et les lumières acidulées rivalisent avec les codes de la peinture, Butz&Fouque l’intrépide ouvre alors une brèche dans les pratiques les plus rigides de la photographie. Faisant fi de la naïveté apparente de sa posture elle entretient un jeu troublant dans lequel se réécrivent en filigrane quelques poncifs et autres stéréotypes de l’imagerie contemporaine, qu’elle soit artistique, publicitaire, ou encore liée à la mode. Un jeu dans lequel la plaisanterie, la parodie et le kitsch absolu ont autant de place que l’espièglerie, l’ironie ou la sensualité, qui tour à tour construisent ce personnage fétiche. (...)
*En anglais le terme “fumetti” désigne le plus souvent les romans-photos italiens. Il signifie également les “petites fumées”, en référence à l’aspect des bulles servant à faire parler les personnages.