MEHDI-GEORGES LAHLOU

 

Mehdi-Georges Lahlou est invité à Anarchisations, Conspire Aujourd'hui, inspire Demain

Mehdi-Georges Lahlou, perché sur ses talons aiguilles rouge vernis marche sur des oeufs, et au passage brise des c..., et effiloche quelques voiles et tapis. Performer, plus ou moins peintre, "installateur", vidéaste à coup sûr, il parvient à construire une démarche cohérente, chaloupant entre ces dangereux récifs que sont les poncifs sur le genre (sexuel), et la difficulté à élaborer un discours distancié sur l'islam comme identité.
Comment perturber à nouveau le genre quand il semble que Judith Butler a tout dit, comment interroger le religieux quand le simple fait de représenter, et donc de recomposer et d'interpréter peut poser problème ? Comment toucher juste ? Irriter sans facilité ? Le travail de Mehdi-Georges est comme ses talons haut : visible et même voyant, accrochant le regard, il a aussi du style, un certain chic dans le ridicule, et tient la route.

Cette tenue dans l'idiotie et l'efficacité de son travail tient au fait que Mehdi-Georges Lahlou croise ces deux problématiques, celle du genre et celle de l'identité culturelle et religieuse. Or ces deux questions sont elles-mêmes des lieux de tension, tension d'une part entre le sexe biologique inné et le genre acquis, construit individuellement et socialement, et tension d'autre part entre le culturel et le religieux. On arrive ainsi à une sorte de tableau à quatre entrées, qui permet de multiples combinaisons des pôles de masculinité et de féminité à l'islam comme religion et comme aire socio-culturelle. Les oeuvres de Lahlou semblent explorer avec constance, méthode et un certain sens comique, les points où ces tensions se heurtent, surtout par les biais de la performance, de la vidéo et de la photographie.

Emilie Bouvard.

 

 
 




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